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Attirer l’investissement direct étranger au Burundi

Par Dr. Ferdinand BARARUZUNZA

Dans la littérature, on distingue deux sortes de capitaux étrangers à savoir les capitaux en portefeuille et les investissements directs étrangers. Les capitaux en portefeuille dépensent positivement du différentiel de taux d’intérêt entre le taux moyen pratiqué à l’intérieur d’un pays et les taux d’intérêt internationaux. De ce fait, lorsque le taux d’intérêt monte dans un pays, cela est sensé attirer, toute chose égale par ailleurs, les placements étrangers en portefeuille, ce qui permettrait d’améliorer la balance des paiements. Dans le cas contraire, lorsque le taux d’intérêt domestique diminue alors que les taux internationaux restent inchangés, les placements ont tendance à sortir du pays pour se diriger dans les espaces et le

rendement est le meilleur.

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En ce qui concerne les investissements directs, ils varient négativement avec le taux d’intérêt domestique, compte tenu des taux internationaux. Ainsi, les entreprises multinationales ont avantage à s’implanter dans les espaces économiques où le coût de la production, dont le taux d’intérêt est un indicateur, est le plus petit. Plus le taux d’intérêt diminue relativement par rapport aux taux internationaux, plus les entreprises étrangères sont incitées à venir s’implanter dans le pays, créer des emplois nouveaux et contribuer à la valeur ajoutée.

De là apparaît alors un conflit d’instruments entre la politique d’incitation des capitaux en portefeuille et la politique d’incitation des investissements directs étrangers. En effet, la politique monétaire des bas niveaux de taux d’intérêt permettrait d’attirer les investisseurs directs, mais pourrait amener les banques commerciales à une carence de liquidités, due à la sortie des placements vers les pays à grands rendements. De même, la politique des hauts niveaux de taux d’intérêt produirait un impact positif sur les placements bancaires étrangers, mais découragerait du même coup les investissements directs.

L’objectif de cette note n’est pas de résoudre cette controverse. Il est plutôt de montrer comment optimiser l’une des deux fonctions, à Savoir la fonction des investissements directs en général et des investissements directs étrangers en particulier. Plus profondément, nous présentons les déterminants fiscaux et monétaires d’abord, et ensuite, nous expliquons les autres variables qui sont résumées sous le vocable de climat des affaires.

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