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Economie Burundaise, édition 2009

Rapport IDEC

Resumé Exécutif :

L’an 2009 a été marqué par des changements remarquables tant au niveau socio politique, au niveau du développement humain, au niveau du climat des affaires et du développement du secteur privé, et au niveau macroéconomique en général.

Au niveau socio politique, les acteurs politiques (comme la population dans son ensemble) ont focalisé leur attention sur le processus électoral de 2010, tellement les préparatifs ne cessaient de soulever des controverses au sein des partis politiques et des organisations de la société civile tant nationale qu’internationale.

Les principaux défis à relever étaient de réussir de telles élections pour tourner définitivement la page des violences politiques dont le Burundi n’avait que trop souffert d’une part, et d’asseoir un Etat moderne en mesure de promouvoir la croissance économique. Pour cela, la lutte implacable contre la corruption gangrenant jusque-là pratiquement tous les secteurs d’activité s’avérait d’une impérieuse nécessité, tellement l’investissement « soutenable » se fait généralement rare dans tout système profondément érodé par la corruption.

 

En ce qui concerne le développement humain, il est marqué par la persistance de la pauvreté sous diverses formes comme la faiblesse du revenu par habitant, le faible taux de scolarisation primaire, le taux de mortalité infantile encore très élevé. Les politiques en faveur du développement humain se sont poursuivies en 2009, avec les mesures concernant la scolarisation primaire universelle, la gratuité des soins de santé pour les enfants de moins de cinq ans et la gratuité des soins d’accouchement.

Pour le climat des affaires, malgré l’octroi de beaucoup d’incitations à l’investissement et l’actualisation des textes régissant les affaires, le développement du secteur privé reste bloqué par un climat des affaires peu favorable. Le rapport « Doing Business » et le rapport « Global Competitiveness » classent le Burundi parmi les pays où la création d’entreprise est la plus difficile et où l’investissement, la production, et le commerce sont les plus entravés par l’environnement politique et institutionnel qui n’est pas favorable aux affaires. Depuis le 1er juillet 2009, le Burundi est entré dans l’Union Douanière de la Communauté Est Africaine mais les Burundais n’ont pas encore réellement profité des retombées de cette ouverture commerciale suite aux difficultés d’adaptation et à la spéculation des hommes d’affaires. Les contraintes au développement du secteur privé sont : la difficulté de mobilisation de financements propices au développement de l’investissement, les barrières non tarifaires, l’insuffisance des fournitures en eau et électricité, la mauvaise gouvernance et un niveau élevé de corruption, la lente privatisation des sociétés à Participation Publique, etc.

Enfin, les performances macroéconomiques sont restées en général mitigées. En effet, l’économie burundaise a connu un tassement de la croissance en 2009. Le taux de croissance du produit intérieur brut réel est tombé de 4.3 pour cent en 2008 à 3.3 pourcent en 2009. Les causes majeures sont (1) la persistance des effets de la crise financière internationale, (2) la baisse de la production du café et celle des cultures vivrières, ainsi que (3) la diminution de la production industrielle, essentiellement attribuée à la branche du sucre. L’augmentation de la production du secteur tertiaire de près de 12 pourcent n’a pas pu produire un effet de compensation suffisant pour empêcher la tendance baissière de la croissance du PIB. La structure de la production est caractéristique des économies en développement, le secteur primaire jouant un rôle primordial dans la croissance économique.

Les composantes de la demande ont toutes eu une contribution positive à la croissance en 2009. La composante privée de la formation brute de capital a beaucoup plus augmenté que la composante publique, ce qui traduit la montée des entreprises privées dans l’investissement et la production nationale. Néanmoins, l’investissement public reste prédominant dans la contribution à la croissance. La consommation finale a contribué à la croissance à hauteur de 2.0 points. La croissance de la consommation publique s’explique essentiellement par l’augmentation de la masse salariale de la fonction publique.

Le commerce extérieur apporte une contribution positive à la croissance de 0.4 point qui s’explique essentiellement par l’augmentation des exportations plus proportionnelle que celle des importations.

Pour ce qui est de la politique budgétaire, le déficit budgétaire s’est aggravé en 2009. Le solde global en pourcentage du PIB est passé de -3.1 pour cent du PIB en 2008 à -4.0 en 2009. Cette augmentation traduit l’engagement du gouvernement pris en 2008 d’augmenter les salaires des diverses corps de la fonction publique. Quant aux recettes totales, elles ont augmenté en volume, mais moins que proportionnellement aux PIB. Leur ratio en pourcentage du PIB a chuté, passant de 30.3 pour cent en 2008 à 26.8 pour cent en 2009.

En matière de politique monétaire, les autorités monétaires se sont engagées à garder un taux de croissance monétaire et un taux de refinancement relativement modérés, ainsi qu’un taux de change nominal stable, en vue de maîtriser les pressions inflationnistes. Le taux de change reste déterminé par le marché des devises, mais la Banque centrale garde un certain niveau de contrôle notamment en fixant le volume de devises à mettre au service des institutions financières.

La position extérieure s’améliore. Les paiements des intérêts sur la dette publique ont été maîtrisés en 2009. Le Burundi a atteint le point d’achèvement de l’Initiative pour les Pays Pauvres très Endettés (PPTE), accédant ainsi à l’annulation d’une partie importante de la dette multilatérale. De plus, la politique du Gouvernement est de diminuer autant que faire se peut la dette publique, en comptant plus sur les dons non porteurs d’intérêts ou sur les aides hautement concessionnelles.

Pour les détails de la publication :Economie Burundaise 2009.pdf